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Lettre | 21 février 2006

"L...,

Cette lettre que j'écris, je ne te l'enverrai sans doute jamais. En revanche j'ai besoin de l'écrire pour me libérer de certaines choses.

La première de toutes, je maudis le hasard de m'avoir mis entre tes mains. Avec le recul, je ne peux avoir que des regrets d'être resté tant de temps. Sans doute le temps de ma lâcheté. Une lâcheté due à ma jeunesse ? je ne sais pas. Ce que je sais c'est qu'aujourd'hui je sens encore des traumas qui me perturbent dans ma vie de tous les jours. J'aurais pu ne rien écrire et garder ça pour moi, mais je ne peux vivre sainement et sereinement que si j'exprime tout ce que je n'ai pas pu te dire.

La castration. En passant du féminisme, les hommes sont tous les même, un jour ils trompent alors que tu m'as trompée, toi, la femme fidèle qui m'a donné tant le leçons. Les hommes et leur lâcheté. Ton comportement qui, au premier abord semble si lucide, si intelligent et tes arguments de tant de bons sens, de quoi noyer le plus perspicaces des hommes. Mais ta vie, tes psychoses, si fortes, si intense ne sont pas restés sans effets, si tu voyais les dégâts que tu as pu causer. Des peurs que je n'avais pas avant de te connaitre.

Et encore je m'en suis bien sorti. Aujourd'hui je me sens libéré, re-construit et mon sens de la vie est revenu.

Tout ce que tu pensais sur ce que j'étais incapable de faire, d'assumer et d'apporter à une femme. Tu t'es tellement trompée.

Ta vanité ne me manque pas. Ta méchanceté non plus et ton orgueil encore moins. Aujourd'hui je sais que les gens de valeurs sont ceux qui ont une vraie générosité, pas calculateurs mais vrais et humbles.

Et malgré ce que tu peux penser de toi, malgré tes raisonnements, tu es a coté de la réalité.... Et tu n'as jamais rien compris si ce n'est comment me détruire. Mais heureusement, parce que je suis sain, j'ai pu me relever. Et je peux te dire que peu d'hommes peuvent s'en vanter. Je plains tes fréquentations mais sans doute sont-ils comme toi.

En réalité, je ne t'ai jamais aimé, j'ai sans doute, inconsciemment, compris que tu ne pouvais rien m'apporter mais ma lâcheté et ma fragilité m'ont laissé me faire embarquer. Tu comprend pourquoi je n'y ai jamais cru ? Tout était illusion.

Mais je n'éprouve aucun plaisir à t'avoir fait souffrir, j'aurais juste voulu que cela ne se passe pas. Je suis intimement convaincu que tu étais malade et que tu en as vraiment souffert. Ce que je n'ai pas réussi a faire, je le fais dans cette lettre, exprimer ma honte et ma souffrance. J'ai vraiment été tellement gentil avec toi que parfois je me détestais d'être aussi con. Tu as vraiment a apprendre des hommes et des gens mais tu es trop persuadée de trop bien les connaitre, de connaitre leurs failles. La réalité, c'est qu'à croire ces failles, tu en ouvres. C'est con. C'est de la manipulation inconsciente. Je regrette une chose qui ne s'est jamais produite, que tu me demandes pardon pour tout ce que tu m'a fait..."
 

Cette lettre à été écrite peu après la rupture. Elle est, de fait, trop subjective pour qu'aujourd'hui, je me ressente dans cette lettre. Si j'avais été mûr, nous aurions soit rompu dès les premiers mois, soit nous aurions été heureux. Mais je crois que l'anarchie des premiers jours n'aurait pas été une base saine pour la deuxième solution.

 

Publié par Walter Norris à 12:12:47 dans Le Moi | Commentaires (0) |

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