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La réconciliation du souvenir | 19 février 2007

En discutant avec un ami vendredi après-midi, nous avons soulevé un point qui caractérise beaucoup d'être humain "qu'est-ce qui fait ce que nous sommes ?" et nous en avons discuté avec beaucoup d'enthousiasme.
Ce qui a motivé cet enthousiasme est que nous partageons, finalement, le même 'ressenti' avec, cependant, des nuances qui caractérisent nos deux personnalités.
Mon ami parlait de collage. Que l'ensemble de notre vécu comporte des bouts de vie qui finissent par ressembler à un collage d'images, de sons et d'émotions. En tout cas, c'est peut être notre subconscient qui filtre notre mémoire en nous donnant cette 'impression' quand on pense à notre passé.
Nous avons vécu des quantités de moments de vie depuis notre plus jeune âge. Et il est intéressant de s'attarder sur 'notre sensation au souvenir'. Si l'on repense à un fait dont on se souvient et qui date de notre plus tendre enfance, quelle sensation avons-nous ?

Notre rapport au souvenir

La vie est courte et repenser au passé nous ramène à l'ultime réalité du temps qui passe. Profiter pleinement de notre présent et de notre futur dépend, en parti, du rapport que l'on a avec son propre passé. Personnellement, et pour revenir au cœur de la discussion avec mon ami, j'aime repenser à certaines choses du passé. Une amourette de jeunesse, un moment fort (comme mon premier décollage autonome en parapente), des moments de bonheur avec mon ex-amie comme des moment douloureux. Autant de moment par lesquels je suis passé.

De façon parfaitement hasardeuse, la semaine dernière, je suis retombé sur un morceau de musique de la bande original du film "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" composée par Yann Tiersen et notamment les morceaux intitulées "Comptine d'un Autre Eté" et "L'autre Valse d'Amélie", j'ai senti les larmes me monter aux yeux et je n'ai pas rejeté cette émotion qui m'envahissait. Je travaille beaucoup de chez moi et, aujourd'hui, je me suis construit un intérieur doux et chaleureux. Entre l'énorme confortable canapé bordeaux, les tentures orientales, les plantes et les meubles exotiques, je regardais le chat attiré par les pies dans les arbres dépourvus de feuilles (nous sommes en hiver). Au bruit de l'eau de l'aquarium, je regardais le jardin et j'écoutais cette musique qui m'emplissait de cette émotion dont j'ai régulièrement besoin. Je sais que mon ex-amie aspirait à cette douceur et cette musique me ramenait à ces puissantes émotions. La musique peut être porteuse tout comme des images, des odeurs, etc.

Toutes ces émotions font de moi ce que je suis aujourd'hui. D'autant me diront qu'il n'est pas normal de se complaire dans ce type d'émotion. Mais il ne s'agit pas de s'y complaire mais bien de se rappeler et surtout d'en accepter nos douleurs, nos faiblesses, nos souffrances. Ils constituent ce que nous sommes aujourd'hui. Je ne parle pas ici de tomber dans une nostalgie de vie mais d'accepter, le temps de 5 mn, de repenser à son vécu. Il peut, au contraire, être malsain de se refuser d'y penser puisqu'on en vient à faire un déni.
Même lointain, le souvenir d'une erreur ne doit pas être ignoré, entériné sous prétexte que cela ait mal été vécu. A moins d'en avoir compris les tenants et les aboutissants. Il ne s'agit pas vraiment de trouver les réponses à toutes les questions mais peut-être de réfléchir à ses tords et ses raisons profondes. Par exemple, qu'est-ce qui a fait qu'une situation nous a fait souffrir ? Accepter nos tords et de les prendre, non pas comme un défaut mais comme une fragilité qui a fait qu'à ce moment, on a manqué de maturité pour bien gérer un problème et qu'aujourd'hui, face à une situation similaire on serait en mesure de réagir de façon plus 'juste' avec l'avantage de l'expérience. Et en quelque sorte accepter la leçon du passé. Que cela nous serve aujourd'hui.

En ce sens, et même si l'on est pas fier de soi, on peut avancer et faire que notre présent, notre futur soit meilleur. Et s'il s'agit de ne pas être fier des gens que nous avons côtoyé. Admettre que nous avons fait des erreurs de choix. Par ailleurs, il est important de savoir accepter, de comprendre que toutes nos questions n'auront pas leurs réponses et, notamment, les réponses que l'on attend !


Au-delà de ça, ces émotions, nos émotions nous amène à une évidence, celle que nous sommes humains avec nos fragilités, que nous sommes bien vivants et que si nous sommes doués de nostalgie, de souffrance, c'est que nous sommes aussi capable de joies, de bonheurs et d'accepter toute la valeur des moments de bonheur que nous vivons et vivrons.
 
Voilà ce qui peut nous réconcilier avec notre moi profond. C'est avant tout s'accepter et s'accepter c'est arriver à s'aimer. Et si on s'aime, on en aime que mieux les autres. L'important est que l'on arrive à s'aimer, non pas, de par l'image que les autres ont de nous [celle qu'ils nous renvoient] mais bien parce que l'on sait de soi. Si cette image n'est pas conditionnée par les autres, on accède à un équilibre personnel et l'on ne vit plus en attente des autres. Voilà le chemin qui nous mène à la satisfaction personnelle, à profiter pleinement de la vie et, donc, à la sérénité.

Nous nous réconcilions avec nous-mêmes...


Publié par Walter Norris à 12:56:49 dans Le Moi | Commentaires (0) |

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